Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un moment sur la langue - mais soyez toujours prêt à recracher immédiatement.

La démocratie, c'est le droit de recracher.

Romain Gary - "L'affaire homme" - Gallimard folio - 2005

 

De l’Intelligence sociale…

Écouter, entendre, dire, taire,

De malentendus en quiproquos,

Chacun reste dans la tour d’ivoire

Qu’il se construit comme le prisonnier

De ses propres défaites.

Mais le pire est que ces comportements

Finalement tombent comme chape de

Plomb sur la société qui s’en fait le

Relais à l’échelle collective et se brouille

Ainsi elle-même par la faute de chacun.

Il serait bon de prendre conscience que

Chacun est en charge de tous d’une

Manière certaine, et que tous ne sont

Ensemble qu’une masse gluante dont

Les traces persistent longtemps après

Que l’on croit s’en être débarrassé.

L’Intelligence sociale est peut-être

Aussi cette sensibilité capable d’entrer

Dans la vie collective avec ce respect

Que donne le cœur quand il devient le

Relais, lui aussi, par lequel l’ordre se

Pose dans l’équilibre que chacun a

Trouvé, et qu’il peut offrir en partage.

L’intelligence du Cœur inclut toutes

Les formes d’intelligence humaine,

Mais ces dernières n’en sont pas toutes

Capables.

Il est donc urgent pour l’intelligence

Dite sociale, d’apprendre du Cœur

Les crescendos et de chacun, le

Moderato. Ce n’est qu’à ce prix que

Peut-être, l’Intelligence sociale fera de

Ses émules des citoyens responsables

Et actifs sans autre intérêt que la force

De motivation et d’élan vers le futur

D’un mieux-vivre ensemble dans cette

Interdépendance qui nécessite une

Forme d’Intelligence sociale, aussi.

Quoi qu’il en soit, c’est un programme

Dont chaque conscience tient le fil d’or

Des relations humaines à tous les niveaux.

Et ce fil d’or tisse de notre histoire de

Vivre, les préceptes d’une progression,

Et le cours de l’évolution.

 

 

Comme de petites stalactites, nous citoyens attendons de fondre au plaisir de la participation et du dialogue. Le soleil de la politique citoyenne pointe ses rayons chaleureux sur les consciences qu'ils éclairent. La suite appartenant à chacun...

Dans les tempêtes sociales, ce sont toujours les mêmes qui revendiquent.
Dans le champ de la créativité l'inspiration les attend pourtant.
Mais ce contact est long à venir, et en attendant, le dialogue est nécessaire.
La responsabilité de certains y entre déjà. La suite dépend de chacun...

Comme des pétales aux couleurs nuancées se complétant,
Comme des ailes prenant leur envol, et comme la vie en
Attente de tous, chacun est un citoyen en mal des autres.
Et pendant ce temps-là se croisent des malentendus que
Les informations ne résolvent pas. Voir au-delà et
S'accrocher, tel est le projet citoyen pour parvenir à un
Vrai dialogue. Mais comment ?... La suite est celle de chacun
Pour tous, au service de son propre pays.
Et pour nous de la France, de l'Europe et du monde.

Au passé, au présent, au futur, les idées s'en vont et s'en viennent, mais personne et a fortiori aucun citoyen ne peut raisonnablement baisser les bras. Mais dites-nous, vous les politiques, quelle est votre intention à notre sujet ? Car le dialogue avec vous n'existe toujours pas.

Les voeux pieux, les promesses illusoires, les tendances politiciennes ne sont qu'illusions pour nous citoyens, et pour tous ceux qui parviennent au pouvoir grâce à nous, et qui déchantent d'une manière ou d'une autre parce que, en politique, il n'y a pas que nous et eux, mais une ribambelle de faits et difficultés incontrôlables provenant de partout à la fois. Comment alors ne pas se sentir impuissants ? Serions-nous, politiques et citoyens, tous logés à la même enseigne ? Ce qui serait à la fois, rassurant et extrêmement décourageant. Le péril est visible, mais les solutions dérisoires, sans consensus; quel qu'en soit le niveau.

Larguer les amarres des conflits, s'armer de conscience, et faire de la vie en société celle de plus justes relations humaines et sociales, oui, mais comment y parvenir quand les couleurs de la vie quotidienne assombrissent le moindre effort dans ce sens ? Et un ange veille qui dit à chacun que l'enjeu dépend aussi de soi. Le croire.

J'ai toujours pensé que l'appel répondait au besoin, mais je ne savais pas que le besoin était sourd à l'appel. Il faudra du temps pour que toutes les idées rétrogrades freinant l'élan d'aucuns, se transforment en pensée créatrice allant de l'avant vers le futur qui attend.

Double-clic sur une icône, et voilà que s'ouvrent des fenêtres. Serions-nous incapables d'en faire autant avec nous-mêmes ? A l'heure de l'informatique, où sont passées les forces intérieures dont l'homme a le privilège, et l'usage s'il en décide ainsi ?

La voie du destin est celle d'un pays, de l'Europe et du monde. Quand on pense au destin de chacun, il est clair qu'il lui est lié. Mais citoyens et politiques se partagent la responsabilité de cette interrelation qu'ils ne vivent pourtant pas à leur propre niveau. Et ainsi le déséquilibre nous fait tous tomber comme des dominos sous la poussée d'une incohérence dont chacun porte une part importante. Et ce, à tous les niveaux.

C'est peut-être un rêve qui prend forme,
C'est sans doute une nécessité qui s'exprime.
C'est sûrement un voile qui se lève quand
D'une conscience éveillée, on se défend de juger
Pour avancer tous ensemble au mieux, vers le futur.

Une question cependant: Et si la citoyenneté participative n'était pensée par d'aucuns comme ne concernant que la vie sociale ? la vie active des citoyens ? Alors, elle serait coupée de leur potentiel global. Car la vie professionnelle n'est que le reflet de ce qu'est profondément chacun, quand ce n'est pas le cas, il s'agit d'un masque de plus, d'un filtre encore qui masque l'être au profit de l'avoir. C'est une question qui mérite réflexion.

LC - 2 septembre 2007